Il y a 800 ans, mourait saint François d’Assise, l’homme qui choisit la pauvreté

Le 3 octobre 1226, François d’Assise s’éteignait à l’âge d’environ 44 ans dans sa ville natale d’Assise, en Italie. Fils d’un riche marchand, il avait renoncé à la vie aisée qui lui était promise pour se consacrer aux pauvres, à la prédication et à une vie de dépouillement. Huit siècles après sa mort, son nom reste associé à la paix, à la fraternité et à une relation particulière avec la nature.

François d’Assise, le fils d’un marchand devenu religieux

Une jeunesse dans la richesse

Né à Assise en 1181 ou 1182, Giovanni di Pietro di Bernardone, bientôt connu sous le nom de François, grandit dans une famille aisée. Son père, Pietro Bernardone, est un riche marchand de tissus. Le jeune homme mène d’abord une existence confortable et rêve notamment de devenir chevalier.

Sa jeunesse est toutefois bouleversée par la guerre entre Assise et Pérouse. Capturé vers 1202, il passe plusieurs mois en captivité. À son retour, il commence progressivement à remettre en question la vie qu’il menait jusque-là.

La rencontre avec les pauvres

Selon la tradition franciscaine, plusieurs expériences spirituelles conduisent François à changer profondément de vie. L’une des plus importantes est sa rencontre avec un lépreux. Alors qu’il éprouvait auparavant une profonde répulsion pour les malades, il choisit de s’approcher de lui et de l’embrasser.

Peu à peu, François abandonne ses biens et se rapproche des plus pauvres. Il choisit de vivre selon l’Évangile, dans la simplicité et le dénuement.

La naissance d’un nouvel ordre religieux

« Le petit pauvre d’Assise »

François attire rapidement autour de lui de nombreux compagnons. En 1209, il se rend à Rome avec ses premiers disciples afin de demander au pape Innocent III l’autorisation de vivre selon une règle fondée sur l’Évangile.

Le groupe devient progressivement l’Ordre des Frères mineurs, plus connu sous le nom d’ordre franciscain. François refuse notamment que ses frères accumulent des richesses. La pauvreté volontaire devient l’un des fondements de leur manière de vivre.

Une influence qui dépasse l’Italie

L’ordre connaît rapidement un développement considérable. Des communautés franciscaines apparaissent dans de nombreuses régions d’Europe. François lui-même entreprend plusieurs voyages pour prêcher.

Il se rend notamment en Égypte en 1219, pendant la cinquième croisade, où il rencontre le sultan Malik al-Kamil. Cette rencontre entre un religieux chrétien et un souverain musulman est devenue l’un des épisodes les plus célèbres de sa vie.

François, le saint de la nature

Le « Cantique des créatures »

François entretient une relation particulière avec la création. Vers la fin de sa vie, il compose le célèbre Cantique des créatures, dans lequel il célèbre Dieu à travers le soleil, la lune, l’eau, le feu, la terre et les autres éléments de la création.

Cette dimension de sa pensée contribue aujourd’hui encore à son image de saint particulièrement proche de la nature. En 1979, le pape Jean-Paul II le proclame d’ailleurs patron céleste des écologistes, aux côtés de sainte Catherine de Sienne.

3 octobre 1226 : la mort de François d’Assise

Ses dernières heures

Affaibli par la maladie et presque aveugle, François revient à Assise au cours de l’année 1226. Il demande à être ramené à la Portioncule, petite chapelle située près d’Assise et particulièrement importante dans son parcours religieux.

C’est là qu’il meurt dans la soirée du 3 octobre 1226. Il a environ 44 ans. Selon la tradition, François accueille la mort en l’appelant « sœur », fidèle à la spiritualité développée dans son Cantique des créatures.

Une canonisation très rapide

La réputation de sainteté de François se répand immédiatement après sa mort. Il est canonisé dès 1228, soit seulement deux ans plus tard, par le pape Grégoire IX.

Une basilique est ensuite construite à Assise pour accueillir sa dépouille. La basilique Saint-François devient progressivement l’un des grands lieux de pèlerinage de la chrétienté.

800 ans après, une figure toujours actuelle

Huit siècles après la mort de saint François d’Assise, son influence dépasse largement les frontières de l’Église catholique. Son choix de la pauvreté, son attention aux plus fragiles, son idéal de fraternité et son rapport à la création continuent d’alimenter la réflexion contemporaine.

Son nom a également été repris par le pape François, élu en 2013. Il expliquait avoir choisi ce nom en référence au saint d’Assise, notamment pour son attention portée aux pauvres et à la paix.

Le 3 octobre 2026, exactement huit siècles après sa disparition, Assise se souvient donc d’un homme qui avait choisi de renoncer à la richesse pour vivre selon une conviction simple : servir Dieu en se faisant proche des plus pauvres et de toute la création.

Une histoire commencée dans l’Italie médiévale et dont l’écho, huit cents ans plus tard, demeure particulièrement vivant.

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Enzo Guyot
Enzo Guyot