Charles III, le roi des peintres : quand l’aquarelle devient une œuvre caritative

Avant de devenir roi, Charles III s’est fait connaître pour une passion plus intime : la peinture. Depuis près d’un demi-siècle, le souverain britannique pratique l’aquarelle, principalement pour représenter les paysages qui l’entourent ou qu’il découvre lors de ses voyages. Une activité personnelle devenue au fil du temps une véritable réussite artistique et caritative : ses œuvres reproduites en lithographies ont rapporté environ deux millions de livres à ses œuvres philanthropiques.

Une passion née bien avant la couronne

Charles III, un peintre depuis les années 1970

Charles III peint depuis la majeure partie de sa vie adulte. Son intérêt pour l’aquarelle naît notamment lorsqu’il est encore élève à Gordonstoun, en Écosse, sous l’influence de son professeur d’art Robert Waddell.

Au fil des années, alors qu’il est encore prince de Galles, il perfectionne sa technique auprès de plusieurs artistes britanniques, parmi lesquels Edward Seago, John Ward, Bryan Organ et Derek Hill.

Le futur souverain ne cherche toutefois pas à devenir un peintre académique. Il présente plutôt la peinture comme une activité personnelle, capable de lui offrir un moment de concentration et de calme loin de ses obligations publiques.

Des paysages comme sujet de prédilection

De Balmoral aux montagnes du monde

Dans ses aquarelles, Charles III privilégie largement les paysages. Les résidences royales occupent une place importante dans son œuvre. Balmoral, en Écosse, Highgrove ou encore les paysages des Highlands apparaissent régulièrement sous son pinceau.

Mais son inspiration ne se limite pas au Royaume-Uni. Ses voyages officiels lui donnent également l’occasion de peindre les paysages qu’il découvre à travers le monde. La famille royale indique ainsi que le souverain a notamment peint au Bhoutan, en Tanzanie ou encore dans d’autres lieux visités au cours de ses déplacements.

L’aquarelle lui permet de travailler directement face au paysage. Une manière, pour lui, de conserver une impression personnelle des lieux plutôt que de simplement les photographier.

Une technique assumée

Charles III utilise presque exclusivement l’aquarelle. Il a expliqué avoir choisi cette technique pour traduire une perception plus intime des paysages. Son style privilégie les atmosphères, les lumières et les couleurs plutôt qu’une reproduction photographique minutieuse.

Cette approche correspond finalement à l’image que le roi donne de sa relation à la nature : une attention particulière portée aux paysages, aux jardins et à l’environnement.

Un artiste qui connaît un véritable succès

Des expositions dès 1977

Les œuvres de Charles III sont exposées au public depuis plusieurs décennies. Sa première exposition a lieu en 1977 au château de Windsor, où ses œuvres sont présentées aux côtés de celles de la reine Victoria et du duc d’Édimbourg. Depuis, ses aquarelles ont été régulièrement exposées au Royaume-Uni et à l’étranger.

Pour son 50e anniversaire, 50 de ses aquarelles sont notamment présentées à Hampton Court Palace. Pour ses 70 ans, une nouvelle exposition est organisée à la National Gallery of Australia. En 2022, 79 de ses œuvres sont également exposées à Londres.

L’un des artistes vivants les plus vendus au Royaume-Uni

Le succès de Charles III ne s’arrête pas aux expositions. Les reproductions en édition limitée de ses aquarelles connaissent un véritable succès auprès du public. Selon les estimations citées par plusieurs spécialistes du marché de l’art, leur vente aurait rapporté environ 2 millions de livres entre 1997 et 2016, faisant de Charles III l’un des artistes vivants les plus vendus du Royaume-Uni.

Une peinture au service de la philanthropie

Quand l’art finance les œuvres caritatives

La particularité de Charles III réside aussi dans la destination des revenus générés par ses œuvres. Les droits liés à ses aquarelles sont détenus par A.G. Carrick Ltd, une structure liée au King Charles III Charitable Fund. Les revenus générés par les expositions et les lithographies sont destinés aux activités caritatives.

La peinture devient ainsi plus qu’une passion personnelle : elle participe directement au financement d’actions philanthropiques. Un modèle singulier dans lequel la création artistique et l’engagement public du souverain se rejoignent.

Une passion également familiale

Dans les pas du duc d’Édimbourg

Charles III n’est d’ailleurs pas le seul membre de sa famille à avoir cultivé une passion pour les arts. Son père, le prince Philip, duc d’Édimbourg, s’intéressait lui aussi à la peinture et au dessin. Il pratiquait notamment le dessin et possédait une véritable sensibilité artistique.

Cette tradition artistique existe depuis longtemps au sein de la famille royale britannique. La reine Victoria elle-même pratiquait l’aquarelle. Charles III s’inscrit donc dans une histoire familiale où la peinture constitue autant un loisir qu’un moyen d’observer le monde.

Le roi artiste

Aujourd’hui, Charles III est avant tout connu comme souverain du Royaume-Uni. Pourtant, derrière la fonction royale demeure un homme qui peint depuis près de cinquante ans. Ses aquarelles racontent ses voyages, ses paysages familiers et son attachement à la nature.

Et surtout, elles illustrent une conception particulière de l’art : une passion personnelle devenue, au fil du temps, un moyen de soutenir des causes qui lui sont chères.

Roi, défenseur du patrimoine et de l’environnement, Charles III est aussi, à sa manière, un véritable peintre britannique.

© Crédit photo : capture d’écran de « Royal Paintbox | Le parcours artistique du prince Charles« 

Enzo Guyot
Enzo Guyot